samedi 20 juillet 2013

Tournage pour Quechua avec Anselme Baud


Anselme, Eric, une amitié indéfectible....


Dans le cadre de mon contrat de conseiller technique pour les marques Quechua Simond, il était prévu de tourner quelques images d'alpinisme pour illustrer un reportage sur mes activités en montagne.

Nous avons profité du beau temps régnant sur le massif du Mont Blanc pour effectuer ce tournage au dessus de Chamonix. Il me fallait un compagnon de cordée, guide de surcroit. J'ai donc choisi mon ami Anselme Baud, non seulement une "figure" de la vallée, skieur et alpiniste émérite, professeur à l'Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme, mais surtout un fidèle compagnon d'aventures qui m'a fait découvrir le ski hors piste dans son fief de Morzine voici plusieurs dizaines d'années et avec qui j'ai vécu cette épopée de l'Everest qui a marqué ma vie.

Accompagnés d'une équipe de tournage minimaliste et discrète, nous avons vécu une belle matinée de montagne sur le granite pur de l'Eperon des Cosmiques avec en arrière plan l'extraordinaire panorama sur les trois Mont Blanc, les Aiguilles de Chamonix, et tous les autres sommets mythiques de l'endroit.
Grimper avec Anselme, c'est revisiter la montagne, ses légendes et ses histoires. C'est aussi  l'occasion de découvrir de nouvelles ficelles techniques que seule une vie passée à courir les massifs du monde entier peut apporter....

Un grand merci encore à l'équipe de tournage : Simon le cadreur-grimpeur-skieur et Manu, guide expert de la Compagnie des guides de Chamonix....

dimanche 7 juillet 2013

Juin 2013-Repérages en Egypte





Vous me direz que c’est assez osé de programmer un voyage de reconnaissances en Egypte  alors que l’instabilité politique grandit dans ce pays!
En réalité, comme dans beaucoup d’autres états (y compris chez nous en France), la réalité est toute autre lorsqu’on s’écarte des grandes agglomérations. En l’occurrence, l’objet de mon voyage concernait les oasis du sud ouest et le désert avoisinant situés à plus de 400 kilomètres du Caire et bien loin de toute agitation.
Entre les oasis de Baharia Bawiti, Farafra et Kharga, j’ai parcouru plus de 500 km dont la moitié à travers une impressionnante mer de sable, on dirait figée éternellement dans une succession de vagues escarpées de couleur dorée. Une immensité désertique, vraiment désertique, sans aucune trace d’eau, donc sans vie, où ne vivent pas le moindre arbuste, pas le moindre animal, serpent, oiseau ou insecte.... Un grand silence, une majestueuse immobilité, seul troublés par le lent murmure du vent du désert, un rare privilège dans notre monde perturbé. 
Ainsi pour deux jours nous nous sommes immergés dans le désert, une petite équipe de quatre , un égyptien, deux bédouins, un européen. Nous avons suivi,  en nous ensablant souvent, cette ancienne piste des caravanes devenue la piste des Anglais en 1932 et ayant servi pendant la dernière guerre mondiale à la reconquête de l’Egypte par les troupes alliées venant du Sud. A moitié recouverte par les dunes de sable, elle n’est guère empruntée de nos jours et nous n’avons croisé âme qui vive.



Au coeur des oasis, miracles de verdure dans cette effroyable sécheresse, j’ai découvert dans les villages, grâce à mes amis bédouins, de superbes petits hôtels sahariens construits en pierres sèches et en briques de terre chocolat aux chambres accueillantes, havre de fraicheur inestimable dans la chaleur torride du mois de juin.


Bien loin des guerres politiques et religieuses qui endeuillent ce beau pays si riche de culture et d’histoire, j’ai pris le thé et partagé les frugaux repas des habitants ravis de mon passage, rare touriste européen à se risquer aujourd’hui dans leur pays.

Au moment où j’écris ces lignes, l’armée égyptienne a repris les rênes du pouvoir par le biais d’une sorte de coup d’état militaire, on peut appeler cela comme ça ! Je ne sais que penser, j’espère tout simplement que ce putsch attendu rendra une sorte de stabilité à ce pays extraordinaire et lui permettra de retrouver les mannes du tourisme, sa principale ressource économique.


dimanche 9 juin 2013

Convoyage rapide à bord du Multi 50 Actual




Les multicoques de la Classe 50 sont vraiment de super bateaux de course. C’est ce à quoi je pense en marchant le long des pontons de l’America Cup Marina de Valence où nous venons d’amarrer Actual après un convoyage de 1300 milles menés tambour battant depuis La Trinité sur Mer, afin d’être au départ de la Route des Princes nouveau tour d’Europe à la voile.

Départ de La Trinité. Yves à La Teignouse.

Ils ne sont ni trop grands ni trop petits, ne coutent donc pas trop chers et ne demandent pas une équipe technique trop importante. Ils sont rapides et simples, offrent de belles sensations de vitesse et n’ont pas grand chose à envier finalement à leurs grands frères et concurrents les MOD 70. 

Luc Alphand, skieur, pilote, marin.....

Ainsi, nous avons mis un peu plus de cinq jours pour faire le grand tour de l’Espagne en venant de Bretagne, à quatre à bord, sans forcer notre talent ni celui du bateau, avec des conditions il est vrai favorables mais sans excès : en effet nous avons connu quelques «trous de vent» au milieu du Golfe de Gascogne, devant Lisbonne et surtout le dernier jour, où nous avons erré dans des calmes blancs après avoir passé le Cap de Gate .

Au large des côtes espagnoles

Nous étions quatre à bord, Yves Le Blévec, skipper, Ronan Deshayes, préparateur/navigateur, Luc Alphand et moi-même équipiers pour ce convoyage. Une petite équipe qui se connait bien, puisque Luc, le parrain du bateau, a choisi ce support pour progresser dans son nouveau pari sportif devenir un bon coureur océanique, et que Ronan, Yves et moi-même avons couru ensemble et gagné la course Vendée-St Pétersburg en 2010.

Luc Alphand, Ronan Deshayes.

Actual a été conçu par son skipper pour briller avant tout dans les courses en solitaire. D’ailleurs, la Route du Rhum 2014 est son principal objectif. Pour cette raison, à quatre à bord, on se marche un peu les uns sur les autres lorsqu’on est réveillés tous ensemble, aux changements de quart par exemple. L’espace de vie se concentre dans le boyau étroit de la coque centrale entre l’avant du puits de dérive et la cloison étanche arrière, bref, cinq à six mètres où il faut caser la cuisine minimaliste, la penderie à cirés et la table de navigation, plus un espace pour dormir allongé, voire recroquevillé en chien de fusil....matossage oblige ...!!!! De même le plan de pont est organisé pour naviguer seul , ce qui complique un peu les manoeuvres en équipage. 

Cuisine minimaliste ......

Mais tous ces petits désagréments s’oublient vite lorsqu’on pilote le bateau d’un des deux postes de barre bien excentrés sur le bras de liaison arrière et protégé des embruns par une capote en plexiglas. Quelle que soit l’allure et la force du vent, le trimaran est agréable avec une barre ferme qui permet de le placer idéalement dans les vagues. Une fois encore dans la mer courte de la méditerranée à partir de Gibraltar, avec 30 noeuds de vent bien établis, nous avons pu tester son aptitude à bien glisser en toute sécurité grâce à des flotteurs remarquablement bien dessinés.

Amarrés au quai de l'America Cup Marina à Valencia.



Amarrés au quai d’honneur de l’America’s Cup Marina à Valence, nous retrouvons deux des quatre Multi 50 engagés dans la course dont le tout nouveau bateau de Lalou Roucayrol. La course part dans 10 jours pour Lisbonne, la première étape. Les autres concurrents vont se succéder dans le jours qui viennent et en particulier les MOD 70 ainsi que le maxi trimaran Prince de Bretagne de Lionel Lemonchois. De quoi faire une belle régate même si on peut regretter les forfaits de bateaux et skippers attendus depuis l’annonce de la course. Un mal récurrent dans le monde de la course au large.