dimanche 27 décembre 2015

Retour au Cape Horn pour Eric Loizeau




Eric Loizeau en 1978 à Auckland, jeune skipper vainqueur avec Gauloises 2 de l'étape du Cap Horn de la Withbread 77/78 .

Invité par l’organisation de la course, le navigateur Eric Loizeau est officiellement inscrit à cette course « vintage » organisée par les anglais en célébration du cinquantenaire de la victoire de Sir Robin Knox Johnston dans le Golden Globe Challenge,  première course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, qui donnera naissance quelques dizaines d'années plus tard au Vendée Globe,  et cela 312 jours après son départ de Falmouth le 15 juin 1968.

Ainsi le Golden Globe Race (GGR) partira de Falmouth le 15 juin 2018 et se courra dans les mêmes conditions que la première édition, tour du monde en solitaire par les 3 caps, sans électronique, pilote électrique, GPS et bien sûr sans assistance,  sur de bateaux de série de la même taille, 11 mètres hors tout, d'un dessin antérieur à 1986.
Cette course à l’ancienne complètement antinomique de ce qui se fait aujourd’hui compte déjà 25 inscrits, navigateurs de tous pays, et l’organisateur attend une trentaine de voiliers au départ. La première conférence de presse s'est tenue en Angleterre au début du mois de décembre et connait d'ores et déjà un énorme succès outre manche. 

Eric Loizeau :

«  Depuis quelques années je me suis remis à naviguer sérieusement avec l’envie d’un tour du monde en solitaire, ce que je n’ai jamais réalisé, ayant toujours tourné autour de la planète en équipage. Mon autre objectif était de repasser le Cap Horn sur un bateau de course. J’ai tenté de m’inscrire au Vendée Globe sans arriver à trouver ni le bateau ni le budget. Le GGR correspond plus à mes possibilités physiques et financières. Cela devrait pouvoir jouer même si je pars aujourd’hui de loin et qu’il me faut trouver un budget (entre 400 et 700 K€) et un bateau…. si possible avant la fin de l’année prochaine »

samedi 5 décembre 2015

La tribu du Trophée Mer Montagne au Nautic parisien.

Une partie de la "tribu" du Trophée Mer Montagne sur le stand ALUBAT au Nautic 2015




Vendredi soir au Salon Nautique, la tribu du Trophée Mer Montagne s’est retrouvée sur le stand du constructeur de yachts de prestige Alubat, autour d’Eric Loizeau , pour une présentation du programme des festivités au Corbier, station d’accueil de la 23ème édition dans les Alpes. 

Etaient présents chez les marins : Pascal Bidegorry, François Gabart, Yannick Bestaven récents lauréats de la Transat Jacques Vabre, Samantha Davies, Yves Le Blevec, Christopher Pratt, Eric Peron, Fabienne d’Ortoli, Nicolas Boidevezi, Ivan Bourgnon, Tanguy Delamotte, Marie Tabarly, Perrine Van Gilve, Franck David. Chez les alpins, ceux qui avaient osé quitter leurs montagnes enneigées pour le désert parisien : Aurélien Ducroz, Erwann Le Lann, Daniel Dulac, ainsi que nos guides chef Hubert Fievet et média man Nicolas Fabbri, sans oublier Syndiely Wade et son si joli sourire.

Principales annonces par Eric, la titularisation exceptionnelle (hors tirage au sort) d’une équipe mythique du Trophée présente à la première édition à Risoul en 1994 (ce qui ne rajeunit personne !), celle du recordman de vitesse à ski Pascal Budin et du champion olympique de planche à voile Franck David et le vrai programme de l’édition 2016. Voir en annexe.


Prochain rendez vous donc,  le lundi 18 janvier prochain à 18h00 locales sur le front de neige du Corbier (45°14 N 006°16 E) pour le tirage au sort des équipes et le Prologue.

lundi 30 novembre 2015

Présentation de la 23ème édition du Trophée Mer Montagne au Nautic à Paris


Le chantier Alubat, constructeur naval expert dans la fabrication de magnifiques voiliers de grande croisière, accueille sur son stand la présentation de la 23ème édition du Trophée Mer Montagne qui se déroulera du 18 au 21 janvier dans la station du Corbier en Savoie.
Cet événement créé en 1994 par le navigateur Eric Loizeau devenu alpiniste et soucieux de garder le contact avec son milieu d'origine réunit chaque hiver l'élite des marins et des montagnards pour 4 jours de compétitions acharnées et de rencontres festives. De Cammas à Gabard ou d'Alphand à Profit, une multitude de champions charismatiques participent à l'événement et  font sa renommée, associés dans les compétitions à un jeune de la station.
De nombreuses vocations sont nées du Trophée et bon nombre de marins sont devenus montagnards et vice versa. Des projets d'expéditions lointaines ont vu la jour : Maewan Adventure (www.maewan.com)qui réunit marins et montagnards dans un projet d'envergure sur tous les océans et les montagnes du monde à la suite de l'alpiniste Erwann Le Lann devenu skipper, ou la goélette La Louise du marin tour-du-mondiste Thierry Dubois qui emmène des skieurs au fin fond des fjords  groenlandais (www.lalouise.fr).
A un tel point qu'Eric Loizeau a décidé cette année de créer une bourse aux aventuriers de tout poil, les passeports du Trophée Mer Montagne, qui permettront de mettre en relation des porteurs de projets d'aventure avec les participants du Trophée et de bénéficier ainsi de leur réseau.

Team Building décalé dans les Abers.



Régate corporate en Pabouk devant l'Aberwrach

Voici une autre idée de séjour de cohésion, mais aussi de récompense, que nous avons expérimenté avec succès auprès de sociétés désirant se réunir dans un cadre décalé, sauvage et authentique. 

A une heure d'avion de Paris, la superbe côte des Abers abrite de charmants petits ports dont celui de l'Aberwrach qui sera le lieu central de votre aventure. Pendant ce séjour de trois jours et une nuit (dont une en bivouac), un rallye nautique en Pabouks (embarcations traditionnelles de l'endroit) vous emmènera à la découverte de plages et îles désertes, tout en participant à un challenge sportif accessible à tous. Vous serez accompagné tout la durée de votre séminaire par le navigateur aventurier Eric Loizeau qui vous fera découvrir les endroits secrets de ses premières navigations.



mardi 6 octobre 2015

Photos Groenland Maewan Expedition April 2015



Nos deux voiliers Maewan et La Louise à couple sur le petit quai du minuscule port inuit d'Augspilagtoq, à proximité du Cap Farewell, où nous avons passé une semaine, bloqués par les glaces.

Ravitaillement du village par beau temps. L'hélicoptère sert aussi à des transferts de personnes jusqu'à Nuuk la capitale.
Une autre vue du petit port d'Augspilagtoq.
La Louise croisant dans le fjord à la sortie d'Augspilagtoq. Chaque jour, nous partions explorer, gravir ou skier les montagnes alentours.
Maewan par beau temps calme navigue dans un fjord étincelant.
Débarquement matinal en semi rigide d'une équipe d'alpinistes skieurs.

samedi 12 septembre 2015

Teaser du prochain Trophée Mer Montagne


Avec l'équipe d'Eric Loizeau Organisations, nous préparons la 23ème édition du Trophée Mer Montagne  qui se déroulera au Corbier (domaine des Sybelles) du lundi 18 au jeudi 21 janvier 2016. 

Retrouvez le résumé de la précédente édition en compagnie de nos amis champions marins et montagnards dans cette petite vidéo.






lundi 7 septembre 2015

Vers de nouveaux horizons pour François Gabart et le trimaran Macif 100





30 août 2015 au large de Port La Forêt.

Voici presque un an jour pour jour dans le même secteur, nous naviguions sur  le monocoque de 60 pieds Macif avec lequel François Gabart avait remporté le dernier Vendée Globe. Toutes voiles bordées, gité jusqu’au pont, le bateau fonçait à près de 20 noeuds sous pilote, sans broncher, sur une mer très plate. Un petit sourire en coin, François disait : « Avec un peu de chance dans un an on y sera avec le trimaran, mais ce sera peut être un peu plus tendu…. »



Et aujourd’hui, en cette fin de mois d’Aout, nous y sommes !
Premières navigations à bloc avec du vent, première nuit  en mer avec un équipage réduit. Je mesure la chance que j’ai d’être invité à bord pour vivre ces moments cruciaux ! Nous sommes cinq en plus de François : Sébastien le fidèle boat-captain, les ingénieurs navigants Emilien et Guillaume, Luis technicien de l’équipe et moi. Tous à l’écoute du bateau, à observer son comportement, sa façon de prendre le vent et de passer dans la mer. 










C’est un test important car il n’y a pas de temps à perdre:  le bateau est tout neuf, il a été mis à l’eau voici un peu plus de 15 jours, et sa première compétition est programmée le 25 octobre prochain avec la Transat en Double Jacques Vabre.  En attendant, mes premières impressions sont formidables et partagées visiblement par mes camarades. Le bateau bien posé sur l’eau accélère facilement, parfaitement équilibré il se barre du bout des doigts avec une légèreté incroyable. Dans la nuit le vent soufflera aux alentours de 20 noeuds, force 4-5 beaufort. 




Sous voilure réduite, notre moyenne tournera autour de 30 noeuds avec des pointes au dessus de 35. A tour de rôle nous prenons un peu de repos allongés au fond de la coque centrale pendant que l’équipe de quart règle les voiles et veille aux cargos à l’abri de la « cabane » aux allures de vaisseau spatial. 




A part quelques infimes détails tout fonctionne parfaitement malgré les nombreuses innovations techniques et la fameuse « job list » est bien moins fournie que prévue à la suite des premières vraies navigations. On peut féliciter les architectes les chantiers et l’équipe de Mer Concept.







Mes aventures en mer et en montagne m’ont rendu quelque peu superstitieux, en tous cas j’essaie d’interpréter les signes … Le soir au large des îles de Glénan, en même temps que le vent tombe légèrement et que notre sillage se confond peu à peu avec la surface de l’océan, nous sommes interceptés par un troupeau de dauphins bienveillants qui viennent jouer à qui mieux mieux avec les étraves du bateau dans un ballet joyeux ponctué d’incroyables salto et sauts périlleux ! Visiblement notre bateau leur plait et se sent bien accueillis dans ce monde marin qui va être le sien pour de nombreuses années. Heureux présage pour les nouveaux horizons de François Gabart !












Fiche technique trimaran MACIF :
Longueur 30 mètres
Largeur 21 mètres
Tirant d’eau maximum 4,50 mètres
Poids 14,5 tonnes
Surface de voilure au près 430 m2
Surface de voilure au portant 650 m2

Tirant d’air 35 mètres

Petite vidéo à 35 noeuds

jeudi 20 août 2015

Mise à l'eau de Macif 100 trimaran Ultim




Ce début de semaine à Lorient, j'ai eu l'opportunité d'assister à la mise à l'eau de Macif 100 le nouveau trimaran de François Gabart. Le début d'une grande aventure maritime .



La sortie du hangar de CDK à Lorient, un grand moment

La fameuse "cabane" où va vivre le skipper


Le cockpit de manoeuvre endroit névralgique


L'attente de la sortie


Briefing de l'équipe avant la mise à l'eau



Prêt à mettre à la mise à l'eau devant les anciens chantiers La Perrière où ont été construits les Penduick 3 et 4




Réunion dans le cockpit avant la mise à l'eau



Premier envol à l'aube



Prêt à nager où à voler ?





Le mâtage un moment important


De fines entrées d'eau


Et maintenant il flotte ....


Pascal et François les 2 co skippers pour la Jacques Vabre



Visite de Franck Cammas



Sympathique photo de famille à la sortie du hangar
En bonne place devant la Base des Sous Marins

mercredi 12 août 2015

Le Kilimandjaro par la voie Rongaï

Du 23 au 30 juillet 2015

Notre équipe au sommet de l'Hururu Peak (5895m) le mardi 28 juillet à 7h30


Aller gravir le Kilimandjaro, c’est d’abord effectuer un voyage en Afrique. Et lorsqu’on aime l’Afrique, partir pour quelques jours en Tanzanie est un véritable bonheur. C’est mon sentiment sur le tarmac de l’aéroport Charles de Gaulle quelques instants avant de monter dans l’avion pour Kili Airport.

Demandez à quelqu’un dans la rue de vous citer trois montagnes mythiques, il vous répondra à coup sûr : le Mont Blanc, l’Everest et le Kilimandjaro. Ce succès du Kili est probablement dû au roman d’Hemingway mais surtout à sa situation incongrue en plein milieu du continent africain pratiquement sur l’Equateur culminant à près de 6000 mètres et recouvert d’un glacier sur sa face côté sud. Les neiges du Kilimandjaro, j’en avais rêvé tout gosse en dévorant mes bouquins d’aventure sans pouvoir imaginer que j’allais effectuer de nombreuses fois et toujours avec le même plaisir ce voyage initiatique à la haute altitude.
Cette fois ci, j’emmène avec moi un groupe de sept copains néophytes en empruntant une voie nouvelle pour moi, la Rongaï, tracée sur le versant nord du volcan. Cette voie que je vais m’empresser de de découvrir m’a été conseillée par plusieurs copains guides. Son « gate » de départ situé à quelques kilomètres seulement de la frontière kenyane est plus éloignée de la ville d’Arusha, carrément à l’opposé,  ce qui rebute peut être les grimpeurs et explique qu’elle soit moins fréquentée. Ce qui ne me déplait pas !


Au départ au Nalemoru Gate de la voie Rongaï


Premier jour : Dénivellée + 450 m . 7 km. 2 heures30.
En compagnie de nos trois guides Chaga, je récupère mes amis à l’aéroport et un bus nous transporte à travers la paisible campagne africaine jusqu’au petit village de Nalemoru proche de notre lieu de départ à 2200 mètres d’altitude. Un fonctionnaire du parc débonnaire installé dans sa petite cahute recueille nos noms et numéros de passeport pendant que Driss et ses deux collègues s’occupent de réunir l’ensemble des porteurs, peser les bagages et distribuer les charges, sachant que la limite de portage par personne est de 40 kg.  
Le fonctionnaire du Parc

Nos guides contrôlent les charges des porteurs

Après un lunch promptement avalé et une photo de notre équipe « conquérante », nous prenons le chemin de notre première étape jusqu’à Simba Camp situé à 2670 mètres d’altitude. C’est une montée paisible à travers un paysage bien différent de celui que j’avais connu précédemment sur la face sud du volcan. Une piste tranquille serpente d’abord à travers des champs soigneusement cultivés et quelques pinèdes incongrues à cette latitude, côtoie des villages aux  cases soignées avec des femmes en boubous multicolores qui essaient de nous vendre du coca cola, avant de pénétrer enfin dans une jungle équatoriale bien moins dense que ce que j’imaginais. A l’approche du campement, la forêt s’éclaircit et notre équipe installe les tentes dans une belle clairière tout à côté des trois tentes d’un couple d’américains et de quelques porteurs, nos seuls voisins des premiers jours.
Sur le chemin vers Simba Camp.

Notre premier repas que nous prenons assis confortablement et bien au chaud dans la petite tente mess nous rassure, s’il le fallait, sur l’organisation de mon agence partenaire . Je prescris un demi comprimé de diamox à mes camarades afin de prévenir le mal des montagnes, car le seul inconvénient, peut-être, de cette voie Rongaï est de comporter un jour d’acclimatation de moins que les autres. Driss vient faire son briefing du soir et présente le programme du lendemain avec un départ tôt qui pousse tout le monde sous les tentes.


Simba Camp

Deuxième jour : Dénivellée + 850m. 9 km. 3 heures30.
De Simba Camp (2670m) au Cave Camp Two (3500m), étape de 9 kilomètres avec environ 850 mètres de montée parfois assez raide dans un paysage qui devient de plus en plus minéral à mesure que l’on s’élève. Nous marchons « pole pole », ce qui signifie « calmement » dans les pas d’un de nos guides Chaga. C’est la recette du Kili. Ne pas aller trop vite, ne pas brûler les étapes de l’acclimatation. Notre équipe de porteurs s’est empressé de démonter le camp pour le transporter à l’emplacement suivant afin que tout soit prêt pour notre arrivée. Ce sera ainsi chaque jour jusqu’à la veille du sommet. Nous nous habituerons à les voir nous doubler d’un pas tranquille mais rapide, à peine essoufflés ni gênés par leur charge qu’ils portent sur le dos ou sur la tête dans la pure tradition africaine. Partis à 8h30, nous arrivons aux alentours de midi à notre nouveau campement sans avoir vu passer ni le temps, ni la distance. 
Nos porteurs avec le Mawenzi en toile de fond.

Le temps est merveilleux depuis ce matin et les nuages envolés nous laissent admirer le cône parfait du Kilimandjaro dans toute sa splendeur. A notre arrivée toute l’équipe entrainée par nos guides, des porteurs aux cuisiniers , nous font la surprise d’un accueil en chants et danses auquel ils nous proposent de participer, ce que nous faisons avec plaisir. A partir de ce jour, ce sera la tradition joyeuse de nos départs et de nos arrivées. 
L’après midi est consacrée au repos jusqu’au diner que nous précédons d’un apéritif bien français avec vin rouge et saucisson, avec modération car depuis quelques années l’alcool est banni sur les pentes du Kili.


Notre tente mess.



Première vision du Kili à partir de Simba Camp.



Troisième jour : Dénivellée + 450m. 4 km . 3 heures.
C’est une journée qu’avec Driss nous avons volontairement choisie courte pour rejoindre rapidement l’altitude de 4000 mètres et bénéficier ainsi d’une meilleure acclimatation. Ainsi, nous allons marcher jusqu’au Cave Camp Three (3950m) distant seulement de 4 kilomètres avec un peu plus de 450 mètres de montée. Cela nous permet de partir vers 9h00 pour arriver sur place avant midi. Nous avons suivi un sentier poussiéreux parsemé de blocs de lave datant de la  dernière éruption vieille de deux cent cinquante  milles années! C'est sûr nous sommes sur une vieille montagne ! Notre camp est installé sur un petit plateau où s'ouvrent quelques grottes qui expliquent le nom de  « Third caves » . Comme de coutume nous engageons des notre arrivée une mortelle danse avec nos porteurs et guides que nous finissons par les cris « Kili a don’f ». Le soir, pendant notre courte ballade apéritive, nous survolons une mer de nuage compacte et magnifique d’un gris d’acier qui contraste avec l’indigo du ciel. Le Kilimandjaro nous domine maintenant de toute sa hauteur et on distingue le sommet avec l’éclat blanc d’un morceau de glacier. Driss nous raconte qu’aux temps anciens le peuple Chaga qui ignorait la neige pensait que le le sommet de la montagne était couvert d’argent… mais refusait d’y aller par crainte de fouler le domaine des dieux.


Arrivée au Camp 3

Third Cave Camp 3950m


Quatrième jour : Dénivellée + 780m. 5,5 kilomètres. 3 heures30.
Cette première nuit à 4000 mètres n’a pas été facile pour certains, dont Manu qui partage ma tente. Malgré le Diamox! J’espère que cela ira mieux ce soir lorsque nous arriverons au dernier camp avant le sommet, Kibo Hut à l’altitude de 4700 mètres, presque le Mont Blanc ! 


La montée vers Kibo Hut.

Paysage aride.
En attendant, c’est une longue marche très belle dans un paysage de plus en plus aride et volcanique. 780 mètres de montée que nous avalons en trois heures et demi. A présent, nous quittons notre solitude pour revenir dans un monde presque civilisé. En effet, à Kibo Hut, nous rejoignons la voie normale et historique du Kili, la Marangu Route surnommée aussi la « Coca Cola route ». C’est presqu'un village avec quelques chalets refuge aux toits de tôle verts de facture relativement récente, avec une foule bigarrée de porteurs et d’ascensionnistes se tout poil. Nos tentes sont établies sur un sol poussiéreux balayé par un vent désagréable. La poussière s’incruste partout et il faut veiller à bien fermer les portes de nos tentes. Nous partirons à minuit pour le sommet et je conseille à mes amis de bien préparer leurs affaires avant se regagner leur duvet et surtout de ne prendre que le strict minimum pour l’ascension afin d’être le plus léger possible. Ensuite chacun essaie de dormir avec plus ou moins de succès.


Kibo Hut dernier camp avec l'ascension.
Briefing par Driss notre guide Chaga


Cinquième jour : Dénivellée +1400m -2400m . 21 kilomètres. 15 heures.
C’est le jour du sommet mais aussi le jour le plus long car il comporte après une longue montée une très longue descente, soit dans un premier temps un aller et retour de1400 mètres de dénivelée et 11 kilomètres de distance pour « faire » le sommet situé à 5898 mètres d’altitude, suivi de 1000 mètres supplémentaires de descente et 10 autres kilomètres de marche pour atteindre enfin Horumbo Hut Camp situé à la lisière de la forêt à 3700 mètres d’altitude. Calculez rapidement, cela fait un total de 1400 mètres d’ascension pour 2400 mètres de descente et environ 20 kilomètres de marche. En partant à minuit cela va nous prendre tout le reste de la nuit et une grande partie de la journée puisque nous n’arriverons à Hurumbu Camp seulement en fin d’après midi. Ouf !!!

La longue montée vers le sommet

Cela commence par une longue montée bien raide à la lueur des lampes frontales dans un désert de pierrailles que l’on devine vaguement, jusqu’à atteindre le bord du cratère et Gilmans Point à 5600 mètres après avoir sinué sur la fin entre quelques blocs de rochers vestiges de la dernière éruption. On longue ensuite le cratère. Toujours dans la nuit qui commence à s’éclaircir à l’est car il n’est que quatre heure trente du matin. A l’issue de cette marche quasi horizontale on atteint Stella Point et la jonction avec la voie Machamé que j’ai pratiquée jusqu’alors, pour entamer les derniers 200 mètres de montée presque en pente douce jusqu’au sommet. 
Les neiges du Kilimandjaro

Derniers efforts à l'aube

La dernière ligne droite ....

Le jour est bien levé maintenant et on longe sur la gauche, face sud,  les séracs du glacier qui, malgré l’indéniable réchauffement climatique est encore bien présent. Nous ne sommes pas seuls mais pas si nombreux tout de même. Quelques dizaines de personnes que l’on croise en train de descendre, certains stoppés en pleine ascension, saisis de fatigue et proches du renoncement, les autres comme nous en train de gravir le sentier caillouteux aux pas ralentis par l’hypoxie. Il y a peu de vent mais malgré tout une vraie sensation de froid car la température doit  avoisiner les moins quinze degrés. Vestes en duvets, pantalons chauds et chaussures de montagne sont les bienvenus. A sept heures dix du matin nous atteignons le sommet. 
Derniers séracs sur la face sud

Une partie de notre équipe sous le sommet

Panorama sur le cratère à partir d'Hururu Peak

Fatigués et ravis, nous nous rassemblons sous le panneau sommital d’Uhuru Peak pour la traditionnelle photo. La météo est idéale. L’atmosphère est limpide et chose rare on aperçoit même la vallée d’Arusha par dessus les neiges immaculées du glacier.


La photo du sommet

Manu est fatigué, il n’a pratiquement pas dormi les deux dernières nuits. Il va se rendre compte que le vrai objectif en montagne n’est pas le sommet mais….le retour aux tentes. Nous y serons à onze heures du matin, salués par les chants de bienvenue et de félicitation de notre équipe de porteurs, avant de nous engouffrer dans notre tente mess pour un merveilleux déjeuner réparateur. 


La longue descente vers Horumbo Hut

La journée est loin d’être finie. Le signal du départ est fixé à 14 heures afin d’arriver au campement d’ Horumbo Hut avant la nuit. Nous abandonnons nos tenues d’altitude pour des équipements plus légers : les chaussures de montagne sont remplacées par les « baskets », les sacs se font extrêmement légers, un léger coupe vent et une gourde d’eau suffiront. Cette longue marche de près de dix kilomètres, en fait une longue descente peu raide, n’est même pas rebutante, grisés par notre succès que nous sommes, mais surtout par la beauté et la variété des paysages rencontrés. Seul bémol, peut être la quantité de trekkeurs que l’on croise sur cette « Coca Cola » qui mérite bien son appellation. 
Vers 3000 mètres la lande désertique fait place peu à peu à la forêt. On croise les fameux séneçons, arbres endémiques du Kili, à mi chemin entre le palmier et l’acacia. Et bientôt, au détour d’une véritable piste en latérite, apparaissent les toits verts pomme des chalets refuge d’Horumbo. Nous retrouvons avec plaisir nos tentes blotties sur un ilot de verdure sous les regards impassibles du fier Kilimandjaro et de son voisin éternel le Mawenzi Peak.


Dernier campement à Horumbo Hut

Dernier aperçu du Kili

Une dernière bouteille de Bordeaux nous permet de fêter notre réussite en compagnie de nos trois guides Chaga. Nous regagnons rapidement nos tentes, demain sera un autre jour !!!

Sixième jour : Dénivellée -1600m. 18km. 5 heures.
Il commence dans un nuage qui enveloppe épais dès le matin nos tentes. Tant mieux, nous ne souffrirons pas de la chaleur dans cette dernière descente jusqu’au Horumbo Gate où nous attend notre autobus . L’air est frais, l’atmosphère délicieusement humide . Il nous reste près de 1600 mètres de descente que nous couperons par un arrêt pour déjeuner dans le dur d’un chalet refuge bienvenu à Mandara Camp (2800m). 
Mandara Camp

A vrai dire, nous ne sentons plus guère notre fatigue et nous retrouvons un rythme de marche rapide qui nous fait arriver en avance sur l’horaire au Gate de sortie où chacun reçoit son diplôme de « summiter » signé de la main même du Président du Parc National du Kilimandjaro.



L'équipe "conquérante" à l'arrivée


BILAN :

L’ascension du Kilimandjaro par la voie Rongaï présente à mes yeux de nombreux avantages :
voie très sauvage et peu empruntée, la seule de la face nord.
voie directe jusqu’au dernier camp permettant des journées de marche d’approche relativement courtes et de grands temps de repos.
voie rapide : 6 jours et 5 nuits.
campements isolés sous tente dans de superbes endroits.
itinéraire en boucle avec un retour magnifique par le côté sud et la voie Marangu permettant une vue sur deux côtés très différents de la montagne.
la fin du mois de juillet qui correspond à l’hiver austral parait idéal, même si la température est relativement plus fraiche, ce qui n’est pas plus mal pendant les premières journées, cela est compensé largement par la limpidité de l’atmosphère.

Peu d’inconvénients :
peut être la longueur de la dernière journée d’ascension puisque qu’on longe le cratère avant d’attaquer la pente menant au sommet. Mais l’itinéraire retour sur la lèvre de la caldeira au petit matin est magnifique.

Merci à l’organisation parfaite de l’agence Tanganyika et à nos guides et porteurs Chaga sans lesquels le sommet serait plus compliqué.


Au sommet de l'Uhuru Peak point culminant de l'Afrique